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La bulle des parents

Comment faire face aux problèmes de comportement à l'école

Tranche d'âge
DP
Delphine P., maman d'Aaron 7 ans
20 juin 2020

Depuis son entrée au CP, le comportement de mon fils de 7 ans est catastrophique. Il est insolent, désobéit à répétition, fait mal aux autres élèves. À la maison, on a tout essayé : la punition, la discussion, le chantage… mais rien ne marche !

Quand des petits mots d’avertissement arrivent sur le carnet de liaison de son enfant, c’est un signal d’alerte pour les parents, qui font tout leur possible pour remédier à la situation. Plutôt que de culpabiliser ou de baisser les bras, il faut avant tout comprendre la raison de ce mauvais comportement et avancer à coups de tentatives ou d’erreurs, pour aider son enfant à se sortir de ce mauvais pas.
1. Parler émotions

La discipline scolaire est parfois très différente de celle de la maison et certains enfants n’ont pas la capacité de s’y adapter aussi facilement que d’autres. Il faut donc se retrousser les manches pour lui apprendre à gérer ses émotions en société, en faisant un bon tour de la question. Sait-il ce qu’est une émotion ? Peut-il décrire sa plus belle et sa pire émotion ? Pouvez-vous aussi vous souvenir d’un problème de comportement survenu à l’école quand vous aviez son âge et la raconter ? Quelles en ont été les conséquences ? Étiez-vous la victime ou l’agresseur ? « Les balades à pied sont le meilleures pour vider son sac », raconte un papa avec humour. « Plutôt que de s’enfermer dans le bureau d’un psy, pour des discussions et des confidences à bâtons rompus, à tout le monde je recommande le bain de nature ! »

2. Traiter un mauvais comportement à la fois

Quand un enfant est agité à l’école, on conseille parfois de faire un test de QI pour évaluer son intelligence. « D’après mon expérience personnelle, le test de QI n’a rien changé à son comportement, souligne la maman d’une petite fille de 9 ans. Mais comme il a éliminé le soupçon de précocité pour ses problèmes relationnels à l’école, elle est désormais étiquetée enfant difficile ! ». La meilleure réponse aux « étiquettes » consiste à les ignorer, tout en assurant à l’équipe éducative que chaque difficulté comportementale sera prise en compte à la maison, l’une après l’autre. Plutôt que de submerger de recommandations un enfant lui-même dépassé par ses réactions excessives, l’aider à les analyser l’une après l’autre semble en effet la meilleure solution pour qu’il apprenne à les gérer… 

3. Passer des pactes 

Même s’ils savent que ce système peut s’apparenter à du chantage, certains parents fonctionnent avec des récompenses. « Petit à petit, mon fils a compris ce qu’on attendait de lui. On a fonctionné comme ça pendant un an puis bien se comporter est devenu normal pour lui ! » Les tableaux de comportements sont toujours de bons outils, à condition d’accepter de changer très souvent les « récompenses » qui sont à la clé de chaque réussite, et en préférant une sortie ciné au sac de bonbons ! 

NF
Nora F., maman d'Alicia 8 ans
04 août 2020

Ma fille connaît les règles, elle a un cadre… sauf à l’école ! Elle est punie tous les jours, elle se moque des autres, est insolente avec son instit’ et j’ai l’angoisse des convocations à l’école. Quand je lui pose la question, elle ne sait jamais pourquoi elle a des punitions. 

Si la sévérité et les punitions fonctionnaient, cela ferait longtemps que ces problèmes de comportement auraient été réglés. Dans bien des pays scandinaves, dont la Finlande si bien placée dans les résultats scolaires de ses élèves, la punition n’existe pas. Les dérapages des élèves sont minimes et le rapport élèves-enseignant est très décontracté, sans pour autant nuire à l’autorité du professeur. L’entraide entre élèves est aussi un des points forts des écoles scandinaves, car elle atténue les mauvais comportements.
1. Esprit de coopération

Il y a des enfants qui veulent toujours avoir la parole en classe, quitte à empêcher les autres de s’exprimer et ce par tous les moyens. « C’est plus fort qu’elle ! », raconte un parent dont la fille est très « vive » et a un esprit de compétition exacerbée. La coopération et l’entraide, au cœur de la pédagogie Freinet permettent au enfants de perdre leurs mauvaises attitudes et les aident à comprendre qu’ils ont tous un rôle à jouer pour le bien-être et le bon fonctionnement de la classe. Pour développer ce principe d’attention à l’autre chez un enfant, il suffit de lancer de simples amorces, en demandant à son enfant d’inviter le nouveau de la classe à la maison, ou de prendre l’habitude de faire un petit compliment sur une tenue ou la coiffure d’un de ses camarades en entrant à l’école. On en profitera pour faire remarquer à son enfant tout le bien personnel que procure l’attention à l’autre.

2. Jeu de rôle

Une bonne astuce de parent face à son enfant trop indiscipliné consiste à jouer « à l’école » avec des figurines et de lui demander d’inventer des situations conflictuelles. En l’influençant le moins possible, le parent pose quelques questions : « qu’est ce qui aurait pu se passer pour éviter cela ? Qui aurait pu aider ? Qui s’est le mieux comporté ? » Les jeux de rôles aident souvent les enfants à changer de posture, ensuite, dans la vraie vie !

3. Bons et mauvais jours

Pourquoi ne pas écrire ensemble une sorte de journal des faits divers, axé sur les problèmes relationnels qu’il ou elle peut vivre au quotidien ? Cela permet souvent de relativiser les problèmes, de s’éclaircir les idées et de trouver des solutions pour que cela ne se reproduise plus. Les mauvais jours, on inscrit dans le carnet, avec les mots de son enfant et avec précision, la façon dont s’est déroulé le problème (quand et comment). Les bons jours, on laisse une page blanche. Dès qu’il est suffisamment rempli, on lit ensemble le journal. Il sert à repérer les schémas répétitifs, qui sautent souvent aux yeux des enfants quand ils se les remémorent. « Tiens c’est bizarre, je pousse toujours les autres dans l’escalier en allant à la récré du matin » : il saura alors à quel moment il doit être vigilant. Les pages blanches du journal quant à elles sont utiles pour améliorer l’estime de soi et chasser l’idée qu’on est un enfant turbulent en permanence.

GR
Gaël R., papa d'Arthur
16 septembre 2020

Je suis un peu perdu face à l’attitude de mon fils de 10 ans. Il est désagréable avec ses camarades, il les embête, les provoque, les frappe… 

Il arrive qu’un enfant réagisse violemment à une situation banale aux yeux d’un adulte, mais profondément injuste à ses yeux à lui. Il suffit parfois d’avoir perdu une bille en jouant pour qu’une bagarre éclate ou que la rancune s’installe… Il faut savoir que le cerveau d’un enfant de cet âge manque encore de maturité. Et le rassurer à ce sujet : manifester son agressivité quand on est un enfant, c’est normal, mais il faut savoir la modérer !
1. Pas de comparaison

Quand un enfant est sanctionné à l’école à cause de ses gestes violents, on peut se demander si alimenter sa rancune dès son retour à la maison est une bonne solution. Il faut bien sûr trouver comment réparer son geste détestable, mais sans qu’il y ait double sanction de votre part (comme interdiction de tablette pendant 1 semaine ou plus d’argent de poche). Sinon vous risquez de perdre sa confiance. Nous sommes les « agents de sécurité » de nos enfants. Mais ce n’est pas en les comparant aux élèves les plus parfaits de la classe qu’ils pourront changer ! Cherchons plutôt à bien l’accompagner en lui demandant ce que la maîtresse et ses camarades apprécient chez lui. Cette première étape est importante car les enfants agressifs sont vite étiquetés « méchants », ce qui n’aide pas à bien vivre avec les autres. 

2. Se débarrasser de son énergie agressive

Il frappe, elle pousse… Ils disent ne pas pouvoir s’en empêcher, ils voudraient être sages mais n’y arrivent pas… L’amour du parent est essentiel et les idées futées sont précieuses pour casser l’automatisme qui consiste chez ces enfants à « s’amuser » à embêter les autres à la récré. « Je lui ai offert une montre et je l’ai chargé de chronométrer son temps quand il fait le tour de la cour en courant et de tenter chaque jour de battre son record », explique un parent. « Depuis peu, d’autres élèves l’ont rejoint et à présent ils s’inventent toutes sortes de défis ! » Les bagarres dans la cour disparaissent souvent quand on sait mettre en valeur les talents d’un enfant leader !     

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