taches ménagères en famille
Etre parent

Tâches familiales, on s’y met tous !

MD
Madeleine
Deny
Pour que rangement et ménage se fassent le plus naturellement possible, commencer jeune, voilà la clé ! Idéal pour développer les habiletés d’un jeune enfant, son plaisir à laver, nettoyer une table pour la faire toute propre, ramasser quelques miettes avec une balayette, ranger les livres dans le bon ordre renforce aussi son sentiment d’appartenance à la famille.
  • Participer aux tâches familiales montre aux enfants que l’ordre et la propreté font du bien. C’est cette idée que l’on retrouve dans la pédagogie Montessori : on apprend que chaque chose a une place et à aller jusqu’au bout d’une tâche, en l’occurrence des activités de vie pratique (lacer, nouer, nettoyer, balayer…).
     
  • Dès le plus jeune âge, le partage des tâches est équitablement réparti entre filles et garçons… Chose qui n’est pas encore aussi naturelle qu’on le pense ! Oui, de nos jours encore, les garçons en font toujours moins que les filles et les parents semblent plus enclins à faire laver la voiture par leur garçon et à faire cuisiner leur fille…
  • L’enfant est acteur de l’ambiance dans la maison. Dans une famille, chacun est responsable du bien-être de tous et il ne faut pas hésiter à le faire régulièrement remarquer à ses enfants : « Ça fait du bien de rentrer dans la salle de bains depuis que tu mets tes affaires sales dans le panier à linge… », « J’aime trop les chambres bien rangées ! Maintenant qu’il n’y a plus rien par terre, ça me donne envie de faire un puzzle avec toi... ». C’est grâce à ces petits gestes et à ces paroles positives qu’un enfant comprend à quoi cela sert d’aider à la maison. En participant à préserver la bonne ambiance de la maison, il permet en plus à son parent d’être plus disponible pour faire des choses ensemble !
Quelle tâche, à quel âge ?
  Âge par âge, voici un bref récapitulatif des tâches familiales.
  • 2/3 ans : laver ou brosser les légumes, ranger les chaussettes par paire après leur lavage, ranger les chaussures pour qu’elles soient bien alignées dans l’entrée de la maison, essorer la salade.
  • 3/6 ans : aider à ranger les courses, mettre la table, mettre ses vêtements dans le panier de linge sale, aider à donner un coup de balai dans la cuisine, utiliser (sous la supervision d’une adulte) un petit aspirateur de table pour retirer les miettes.
  • 6/10 ans : faire son lit, passer l’aspirateur (sous la supervision d’un adulte), débarrasser la table, vider le lave-vaisselle, la poubelle, arroser les plantes, nourrir l’animal de compagnie, ranger ses vêtements dans les tiroirs…
  • 10/12 ans : apprendre à utiliser les appareils ménagers (sous la supervision d’un adulte) pour avoir peu à peu la capacité de faire, par exemple, un lavage de vêtements personnels sans aide, aller acheter le pain seul-e, aider à préparer les repas, changer ses draps…

Comment organiser le partage des tâches ? 

Ne nous leurrons pas : sauf chez les enfants très jeunes, à partir de 6-7 ans aucun enfant ne sautera de joie au moment de mettre la table ou de vider la poubelle ! Mais ce n’est pas une raison pour ne pas organiser des tours de rôle pour des « missions ménage ». Ils le font à l’école, où chacun endosse un « métier » pour une semaine complète. Comment s’y prendre ? Sur un disque fixé à du carton grâce à une attache parisienne, on va écrire le prénom des membres de la famille. Sur le pourtour du carton, on indique les tâches familiales. Chaque semaine, on tourne le disque d’un cran. Ainsi, personne n’est assigné à des tâches plus pénibles ou plus genrées qu’un autre. Lorsque les enfants ont des grandes différences d’âge ou dans les familles à garde alternée, un planning papier à fixer à la porte du réfrigérateur permet aussi une bonne répartition des tâches familiales.

Ménage joyeux ?


Au Japon, après le déjeuner les élèves font le ménage dans leur classe et ils le font… en musique ! Pourquoi ne pas s’en inspirer à la maison ? Le week-end, on peut former deux équipes de ménage, celle avec maman et celle avec papa par exemple. On met de la musique pour se sentir bien ensemble. C’est comme quand on fait du sport : la musique met de l’entrain, allège l’effort. En plus, les binômes parents-enfants sont l’occasion de s’amuser : petite bagarre à coups de plumeau, concours de blagues entre deux dépoussiérages d’étagères... 
Autre idée plutôt amusante : confier aux membres de la famille une mission spéciale consacrée à une seule tâche à accomplir sur un temps limité, toujours en binôme avec un parent. La musique pourra marquer le début et la fin de la séance, dont la durée sera limitée à 30 minutes. Pour les uns, rangement tout ce qui traîne un peu partout dans la maison. Pour les autres, changement des draps de tout le monde… On range et on nettoie de manière très dynamique, au rythme de la musique et dès qu’elle s’arrête, on stoppe tout. Nettoyer la maison n’est pas forcément qu’un moment pénible… Cela peut aussi donner lieu à de bons fous rires.

Quand aider fait grandir 


Aider c’est utile à la famille mais cela sert aussi à devenir plus autonome. Savoir passer l’aspirateur dans sa chambre ou changer ses draps peut donner envie aux parents d’autoriser plus souvent les pyjamas parties avec les cousins ou copains, puisque tout sera géré par celui ou celle qui invite... Ce genre de message permet aux enfants de s’investir plus facilement dans les tâches familiales et d’en faire des habitudes plutôt qu’une obligation. 
Rendre service en aidant à monter une étagère ou à peindre la porte du garage, c’est de l’entraide familiale, cela ne se monnaie pas. En effet, payer les enfants pour leur faire ramasser les feuilles dans le jardin ou vider la litière du chat va être contre-éducatif. L’entraide n’a pas de prix. Pour bien le comprendre, on peut montrer l’exemple en aidant un voisin à réparer sa machine à laver ou en offrant de son temps pour du bricolage à l’école. 

« Je ne vois pas pourquoi je devrais faire ça »


Beaucoup d’enfants ont tendance à invoquer l’oubli ou le manque de temps pour ne pas participer aux tâches familiales. Ils le font parfois avec colère, se jugeant incompris, obligés d’en faire trop… Quand cela devient trop fréquent, pourquoi ne pas faire comme eux ? Oublier, par exemple, de laver le t-shirt qu’il veut porter pour l’anniversaire d’un camarade… par manque de temps. Parfois, le mimétisme « inversé » permet de comprendre combien il est pénible de pas pouvoir compter les uns sur les autres. Et pour discuter de ces petits soucis mais aussi remercier chacun de ses efforts, il y a bien sûr le fameux « conseil de maison ».

MD
Madeleine Deny
Spécialiste de l’enfance, Madeleine Deny est l’auteure de nombreux livres sur les relations parents-enfants. Passionnée de pédagogies alternatives elle a contribué à leur redécouverte par ses ouvrages récents à l’usage des parents et des professionnels de l’enfance. Avec des mots justes, sur un mode positif, elle partage ici son expérience.
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