diversification alimentaire DME
Développement de l'enfant

La diversification alimentaire menée par l’enfant (DME), qu'est-ce que c'est ?

L’alimentation autonome du bébé séduit de plus en plus de jeunes parents. Fini pour eux le temps de la « cuillère avion » et autres ruses pour finir l’assiette. Dès qu’ils sentent que leur enfant est prêt, ils lui proposent d’apprendre à manger autrement. L’idée est de remplacer les purées et autres aliments lisses par des morceaux, que le bébé va porter lui-même à sa bouche, sans l’aide de personne. Ce mode d’alimentation se nomme DME ou diversification alimentaire menée par l’enfant.

Les avantages

La démarche DME a été valorisée en 2002 par une infirmière anglaise, Gill Rapley. Après avoir mené des recherches autour de la nutrition, elle a compris la valeur de cet apprentissage autonome. On la retrouve dans de nombreuses cultures mais elle est moins connue en France. Cette approche bienveillante et respectueuse de l’enfant est reconnue par les pédiatres des pays anglo-saxons et au Canada. Elle fait même partie de leurs recommandations alimentaires, car elle a de multiples avantages :

  • Le bébé explore librement, avec ses sens, les différentes textures, couleurs des aliments.
  • Aucun aliment n’est mis d’office dans la bouche du bébé, on n’essuie pas sa bouche ou ses mains en cours de repas afin qu’il reste bien concentré sur ce qu’il fait. Résultat : les bébés mangent avec plus d’entrain !
  • Le bébé doit mâcher ses aliments et la salive peut donc jouer son rôle de prédigestion. La digestion est meilleure, on évite les maux de ventre.
  • Le repas du bébé étant très proche de celui des plus grands, les repas sont pris ensemble. En voyant ses parents se régaler, par mimétisme le petit enfant se régale aussi ! Attention cependant à ne pas ajouter de sel ou de sucre dans les aliments qui lui sont destinés.
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Extrait de "Mon bébé au naturel" Dr Dominique Leyronnas / Catherine Piraud-Rouet
© Editions Nathan

Les inconvénients

Les pédiatres français, peu renseignés sur le sujet, sont souvent assez réticents à la DME. Voici quelques inconvénients :

  • La lenteur des repas du bébé, qu’il faut laisser manger à son rythme. On doit donc prévoir de passer un peu plus de temps à table…
  • Les maladresses du jeune mangeur : en touchant, palpant, écrasant sa nourriture avant de la porter à sa bouche, il en met forcément un peu partout. Mieux vaut prévoir un tapis imperméable et lavable sous la chaise haute et un bon débarbouillage une fois le festin terminé.
  • Les fausses routes. Elles sont souvent bénignes car un bébé tousse pour expulser un morceau trop gros. Elles peuvent parfois nécessiter l’aide d’un parent formé à la technique de Heimlich, geste que nous devons tous connaître et savoir pratiquer.

Que lui donner, à quel rythme ?

Pour les premiers essais, il est recommandé de donner au bébé des aliments de bonne taille afin d’être facile à prendre à pleine main (carotte cuite à la vapeur, tronçons de banane). Plus tard, lorsqu’il sait prendre des petites choses entre son pouce et son index, la taille des aliments peut être réduite (petit pois frais cuits à la vapeur, fromage râpé). On évite de mettre du beurre ou tout autre corps gras sur les aliments afin qu’ils ne lui glissent pas des doigts. Les aliments durs, ronds, collants sont à bannir. En effet, un bébé ne va pas déchiqueter les aliments mais juste les mâcher en appuyant sa langue sur son palais et ce type d’aliments seraient trop difficiles à manger. Le bébé est bien sûr sous la surveillance constante de son parent.

Sera-t-il rassasié ?

Adopter la DME nécessite de faire confiance à son bébé. Il doit de lui-même repérer s’il a ou non suffisamment mangé. Ce n’est pas facile ! Cependant comme la DME va souvent de pair avec l’allaitement, les deux se complètent… Il faut aussi veiller à ne pas distraire le bébé. Il restera ainsi bien concentré sur ce qu’il mange. Les conseils d’un pédiatre permettront de faire le point sur les aliments à privilégier pour éviter toute carence.  

Et pour plus tard

Un bébé qui partage le repas familial consomme en général les mêmes aliments que ceux que mangent les autres membres de la famille. Cette variété de nourriture, d’odeurs et de goûts, découverts sans que cela ne soit imposé, aura un impact positif sur l’alimentation d’un enfant. En effet, s’il a apprécié tout bébé la cuisine de ses parents, à base d’aliments non transformés, moins assaisonnée que les aliments industriels, il aura moins d’inclination pour ces derniers en grandissant. Un fameux coup de pouce pour rester en bonne santé !    

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